Hello ! 

Aujourd'hui aucun dessin. Eh oui, c'est triste mais bong, y'a autre chose, aujourd'hui ce seras photos+texte. Pourquoi donc ? Parce que c'est boulot pour le lycée, mais vu que c'était coule à faire, j'ai voulu le partager. Et puis ça à un rapport avec le blog. 

Vous vous souvenez de ces abrutis

Eh biens ils sont nés grâce à des photos réalisées lors d'une sortie de français ! 

Les voilà sous leur forme originale : 

Spark

 

Spark, le premier jet ! XD J'ai eu l'idée de sa consommation exessive de clopes graĉe à cette photo, héhé. Je trouve que ça le représente pas trop mal. 

Jared

 

Jared. Parce que c'est de là d'où m'est venu le fait qu'ils soient plus ou moins collocs. Et surtout c'est grâce à ça que je connais la gueule de leur appart'. 

 

 

Fell

 

Feeeeeeell

Fowl

 

Fowl, c'est de là d'où vient son amour pour le fait de nourrir les oiseaix (et surtout les abrutis de pigeons).

Wiress

 

Wire ! Les tuuuuuyeaux de son corps viennent de là ~

Larçeny

 

Et le bar de demoiselle Larçeny vient de là ! 

D'ailleurs, toujours en rapport avec cet univers, le thème de notre dernier boulot de français était de faire un texte à partir d'une de nos photos (pour le reste c'était freestyle). 

Et j'ai donc fait ça : 

hirondelles

 

Six. Ils sont six. A cause de leurs erreurs, mêmes minimes, ils ont été renvoyés de chez eux et sont à présent obligés d'habiter ici. Dans ces vieux squats, ces immeubles abandonnés, ces habitations en ruines. Voire dans une cabine téléphonique pour l'un deux. Tous là où plus personne ne veut plus vivre. Dans cette ville délaissée, habitée seulement par eux ou par quelques personnes encore moins recommandables. Enfermés comme des animaux, parqués dans leur coin de ville vide de monde, ils doivent se débrouiller. Seuls.

 

 

Spark sortit doucement sur le perron, son corps maigre frissonnant sous son lourd manteau noir suie. Un petit nuage de vapeur se forma autour de ses fines lèvres bleutées par le froid. Il neigeait.

« Si tu t'attends à voir quelqu'un ici, c'est que t'es courageux. Ou très patient. »

Spark se retourna, faisant tournoyer sa masse de cheveux bouclés ébène. Son long nez aquilin se plissa et ses yeux vairons cernés à cause du manque de sommeil se posèrent sur Jared, sa « plus ou moins colocataire » à qui appartenait la voix claire mais cynique qui venait de rompre le silence.

« Je comprends vraiment pas pourquoi on nous a virés, surtout pour nous mettre là, c'est totalement mort.

- Écoute, j'ai vraiment pas envie de parler de ça et puis c'est normal que ce soit mort, c'est sensé être abandonné »

Le jeune homme sortit une cigarette de sa poche, la fit tourner entre ses doigts osseux et tenta de l'allumer en mettant ses mains en coupe pour la protéger. Après quelques coups nerveux sur son briquet, la flamme effleura le bout de sa « clope », l'allumant. De minuscules cendres fumantes tombèrent dans la neige.

« T'as vu, soupira-il en rejetant la fumée, y a des hirondelles qui se sont installées »

Spark pointa du doigt deux nids accrochés au coin de l'entrée. Une vague de nostalgie l'emporta : dans leur ancien immeuble, des passereaux avaient aussi nichés. Les mêmes qu'ici. Jared fit un demi-sourire et souffla :

« Elles vont bientôt revenir, on est en mars.

- Ouais. Elles vont revenir chez elles, elles. Et pas nous. On va rester ici. »

La cigarette tomba lentement dans la poudreuse et s'éteignit en se gorgeant d'eau.

« Rentrons, tu vas attraper froid... »

Bientôt, ce serait le printemps.

 

La ruelle était vide, les pas de Fell résonnait bruyamment dans celle-ci. L'adolescent brun avait enfin décidé de quitter la cabine téléphonique qui lui servait d'abri pour faire un tour en ville. C'est vrai que passer ses journées à composer au hasard des numéros de téléphone en espérant une réponse (ce qui arrivait rarement), c'était monotone. En pensant à ça, à tous ces jours passés à avoir cette unique occupation, il se dit qu'il était peut être un cas désespéré. Et c'était sans doute pour ça qu'il était là. Il soupira. Il n'empêche que cette promenade lui faisait le plus grand bien, même si ses fins doigts cuivrés étaient engourdis par le froid. Ce froid qui le transperçait lorsqu'il dormait dans la cabine de verre gelée, emmitouflé dans une couverture bien trop légère. Mais malgré tout, l'adolescent chétif souriait. Le printemps reviendrait bientôt. Il passa devant l'appartement désaffecté où vivaient les deux « colocataires ». Dans l'encadrement de la porte, il devina deux abris d'hirondelles. Fell cligna ses yeux en amandes aux pupilles dilatées et pensa aux oiseaux. Eux, ils étaient bien au chaud, après leur migration dans le Sud. L'espace d'une seconde, il rêva d'être à leur place ; sans tous ses problèmes sur le dos. Les flocons glacés le ramenèrent à la réalité. En relevant le col de son manteau vert bouteille, il sourit faiblement. Bientôt, les hirondelles reviendraient, bientôt ce serait le printemps.

 

Fowl avait ses petites mains pâles plongées dans la neige. La petite fille se tenait agenouillée sur la route. Cette route sur laquelle aucune voiture ne passait jamais. Ses bras d'enfant lançaient des flocons que des rafales de vent emportaient violemment. Plantée là, avec le froid qui lui mordait les jambes, elle se sentait seule. L'étrange Wire qui l'avait adoptée avait beau l'aimer avec toute sa singulière gentillesse, la fillette à la queue de cheval « palmier » ne fréquentait aucun enfant. En prime, c'était l'hiver et il faisait trop froid pour que les oiseaux sortent. Fowl les aimaient beaucoup, elle leur donnaient tout le temps à manger. Les voir piailler, s'agiter, sautiller et bondir sur leurs petites pattes fragiles en quémandant des miettes la ravissait toujours. Mais là, elle était toute seule. Sans oiseaux à regarder se nourrir. Sans camarades de jeu. L'enfant rouquine se leva, enleva les flocons accrochés à son manteau en l'époussetant énergiquement et se dirigea vers la maison de son père adoptif. Tremblante, trempée et brûlée par la morsure du gel, la petite pressa le pas. Son regard fut pourtant attiré par quelque chose : deux nids d'hirondelles. Elle savait que celles-ci étaient parties s’abriter autre part mais que, bientôt, elles reviendraient, au printemps. Fowl sourit à cette idée, elle adorait les oiseaux.

 

Wire colla son nez retroussé contre la fenêtre, comme un jeune enfant. Le soir tombait, il espérait que la petite rentrerait bientôt. Ça l'inquiétait de la savoir encore dehors : peu de personnes habitaient ici, mais la plupart étaient loin d'être des anges. Très loin. Il faisait tout pour ne pas angoisser, mais la petite n'avait que six ans. Cette idée le fit frissonner. Ses yeux vitreux se posèrent sur ses grands bras blancs et parcourus de veines apparentes. Ils tremblaient. Cette petite, il l'aimait de tout son cœur même si il ne le montrait qu'avec sa rude tendresse. Il était comme ça. De plus en plus affolé, le jeune homme décida de sortir pour allez chercher Fowl. Il poussa la porte énergiquement et disparut dans la ruelle enneigée dans laquelle il habitait. Il sillonna rapidement les venelles voisines, sous la poudre blanche tombante qui recouvrait ses cheveux châtains et qui se déposait sur le bouc qui mangeait son menton. Seule la neige, sa trop légère chemise albâtre et son visage, pâli par l'inquiétude, ressortaient dans l'obscurité. Il discernait mal devant lui à cause du temps, ce qui le préoccupa d'autant plus. La gamine s'était peut être perdue. Il se hâta, courant presque, lorsqu'il passa devant l'appartement désaffecté du duo de colocataires composé d'une jeune femme désabusée et d'un asocial. Entre les flocons, sur le pas de la porte, il discerna un petite forme. Il s’approcha et vit la petite Fowl recroquevillée sur les marches. La fillette rousse lui sourit en plongeant ses grands yeux clairs dans les siens :

« Je savais que tu viendrais, alors j'ai fait comme les oiseaux, je suis allée au chaud »

Wire lui rendit son sourire sans rien dire et pris la petite dans ses bras avec un soupir de soulagement. En repartant, il aperçut les deux abris des hirondelles. Il sourit de plus belle en songeant au retour du printemps. Fowl allait être contente.

 

Larceny essuya mollement le dernier verre. Son bar allait bientôt fermer, mais ce n'est pas comme si les consommateurs se bousculaient, vu le silence de plomb qui régnait dans le café vide. La petite blonde soupira intérieurement en balayant la salle de son regard noisette. Elle pensa distraitement qu'elle avait besoin de lessive, et qu'il fallait qu'elle aille en demander à ses voisins. L'adolescente au teint hâlé souffla, agacée de devoir faire le trajet et traversa la pièce, replaçant en même temps les quelques chaises qui avaient été occupées durant la journée. Elle ouvrit la porte vivement, et un courant d'air glacial s’engouffra dans le bistro, faisant trembler le corps de la jeune fille. Elle sourit ; c'est ce temps qui lui rapportait le peu de clients qui passaient, tous en quête de chaleur. Bon, des fois, elle aurait aimé que certains ne franchissent pas le pas de la porte. Mais elle n'y pouvait rien et même si ces consommateurs étaient assez marginaux, ils lui rapportaient le peu d'argent qui lui permettait de vivre. Chassant ces pensées, elle survola les marches du bâtiment sur lequel s'illuminaient en rouge les lettres du mot « Brasserie » et atterrit pieds joints dans la neige. La demoiselle passa sa main dans sa courte chevelure couleur miel et sourit avec délice en écoutant la poudreuse crisser sous ses pas. L'hiver n'allait malheureusement pas durer éternellement, et la vie serait d'autant plus compliquée. Elle s'arrêta devant le pallier de ses voisins et en le détaillant, Larçeny remarqua, dans l'encadrement de la porte, deux nids d'hirondelles. Sa bouche fit une moue, les oiseaux n'allaient pas tarder à revenir, accompagnant le printemps. Et leur retour signifiait la chute de ses affaires.

 

Jared mit à bouillir un peu d'eau. Elle avait froid, les radiateurs ne laissant échapper que peu de chaleur. Spark et elle avaient été exclus de la ville et amener de l’électricité ici était d'autant plus dur donc son accessibilité était réduite. L'idée de devoir aller demain en course dans la « vraie » ville, car elle venait de donner un de leurs derniers packs de lessive à leur jeune voisine ne la réconforta pas. Avec ce temps, elle n'avait aucune envie de sortir et demain allait sûrement être tout aussi frais qu'aujourd'hui. Ses petits yeux noirs se portèrent sur l'eau qui frémissait un peu.

« Spark, tu veux un thé ?

- Vu comment sont les tiens, non merci...

- Toujours autant de tact à ce que je vois. Ça fait plaisir.

- Mais c'est fait pour ça... »

La jeune femme soupira et replaça ses mèches auburn. Son « colocataire » était épuisant. Terriblement épuisant. Mais bon, après deux années à le supporter, elle commençait à s'habituer. Jared ouvrit la fenêtre surplombée d'un pot en plastique marronnasse d'un goût douteux remplis de hideux géraniums à moitié brûlés par des mégots. Spark détestaient ces fleurs. Mais la demoiselle s'en moquait, elle aussi les haïssait. Reportant son intérêt sur la rue, elle sentit la caresse glacée de l'air, le ciel était couvert, le temps froid, mais, bientôt, ce serait le printemps. Cette pensée la revigora. C'est vrai, ils ne rentreraient pas chez eux, tous les deux, contrairement aux hirondelles qui avaient nichés dans un coin de la porte de leur immeuble ; mais après tout, ce n'était peu être pas si mal ainsi.

 

Six. Six hirondelles survolaient la ville désertée. Elles firent quelques acrobaties aériennes, se détachant du ciel bleu puis fondirent doucement vers l'appartement des deux colocataires. Les deux têtes se tournèrent vers la fenêtre en souriant un peu. Les raies de lumières se posèrent sur le parquet de leur voisine. En découvrant la poussière, voletant dans le rayon, la jeune fille grimaça. Dans la rue, une petite rouquine regardait les cieux en riant. Pleins d'oiseaux passaient. Un jeune homme la regardait avec une douceur singulière. Dans une cabine, un petit adolescent sentait le soleil chauffer sa peau mâte. Spark, Jared, Larçeny, Fowl, Wire, Fell. Le printemps arrivait, synonyme de bonheur ou de galère. Ils allaient se débrouiller, comme d'habitude. Seuls.  

 

 

 

Bon voilà, je suis loooooooin de bien écrire mais je voulais un peu partager tout ça. 

Sur ce, à bientôt pour un nouvel article, cette fois rempli de dessins ! 

*part en sautillant tel le Petit Chaperon Rouge